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31/05/2005

Après l’échec du référendum en France, l’Europe doit continuer à progresser

Communiqué de Presse
30 mai 2005

Les Jeunes Européens France déplorent le résultat négatif du référendum sur le Traité constitutionnel. Ils regrettent surtout que le débat fût faussé par des considérations de politiques internes. En effet, cette campagne a notamment reflété une faiblesse de formation et de culture européenne auprès des partis politiques traditionnels. Ces derniers ont été incapables de proposer une vision cohérente et ambitieuse de la construction européenne aux électeurs désorientés face au texte qui leur était soumis. L’Europe est aujourd’hui un acteur majeur de notre vie. Il faut que les partis politiques en prennent conscience et se l’approprient !

Cette campagne aura avant tout souffert de la crise de la démocratie représentative que la France traverse depuis quelques années. C’est la société civile qui, pour une grande part, a fait campagne et tenté de convaincre les Français du bien fondé de la construction européenne sur le terrain... Les arguments racistes et populistes entendus en fin de campagne étaient à ce titre particulièrement révoltants, il est temps que la classe politique effectue de profondes réformes en son sein! L’Union européenne ne peut pas plus longtemps faire les frais du mécontentement ou de la crise politique de la France!

Seul point positif, les citoyens se sont enfin saisis de la question européenne. En effet, la construction européenne ne peut se faire sans «le» peuple européen et les Français ont profité de ce débat pour clairement afficher leur soutien à l’intégration européenne. Il ne faut pas aujourd’hui les décevoir de nouveau : près de la moitié des Français soutenait ce texte et une bonne partie de la moitié qui a voté contre, souhaite une intégration plus approfondie au niveau européen. Les leaders de ce "non" progressiste doivent aujourd’hui assumer les conséquences de leur position et des espoirs qu’ils ont fait naître en s’investissant complètement dans le progrès pour une Europe plus démocratique, plus efficace et plus intégrée.

Or, un tel approfondissement ne peut se réaliser en conservant le système institutionnel actuel issu du traité de Nice. C’est pourquoi, les Jeunes Européens France demandent :

- La restriction du nombre de Commissaires européens et la réforme des modalités d’élection de son Président, afin que celle-ci reflète le résultat des élections européennes,
- Le renforcement de la légitimité démocratique de l’Union européenne par l’attribution au Parlement européen du droit d’élire le Président de la Commission et une extension de son pouvoir de co-décision à tous les domaines législatifs,
- L’amélioration du système des coopérations renforcées et structurées,
- La création d’une présidence du conseil stable et unique, notamment pour l’Eurogroupe,
- L’obtention simplifiée de la majorité qualifiée,
- L’extension du nombre de domaines pour lesquels les décisions sont prises à la majorité qualifiée à tous les domaines législatifs,
- La création du poste de Ministre des Affaires étrangères de l’Union et d’un Service diplomatique européen,
- Une clarification de la répartition des compétences et la création d’autres outils facilitant le transfert de compétences au niveau européen,
- L’instauration d’une procédure de révision des Traités européens à la majorité super qualifiée mais pas à l’unanimité.
- Enfin, s’il devait y avoir de nouvelles procédures de ratification, celles-ci devraient se faire au moyen d’un référendum pan européen afin d’éviter l’instrumentalisation populiste et dictée par des considérations de politique intérieure telle qu’elle a pu avoir lieu en France.


Pour que l’Union européenne continue d’avancer, il faut que les citoyens s’en saisissent et influent sur son cours. C’est pourquoi les Jeunes Européens France organiseront rapidement des Assises européennes des citoyens pour que ceux-ci débattent ensemble du fonctionnement et des réformes nécessaires au bon fonctionnement de l’Europe. Nous avons aujourd’hui besoin de plus d’Europe : la construction européenne ne peut pas s’arrêter au lendemain du 29 mai.